Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:19

11/1/2007

J'étais l'autre jour dans le train, dit l'Économiste. En fait c'était le soir. Il en est monté un à une station intermédiaire. Tout de suite il s'est mis à téléphoner, les pieds sur la banquette d'en face. Il parlait si fort que les conversations dans le wagon se sont très vite arrêtées. Toutes les conversations. De vrais braiments. Un couple s'est d'abord éclipsé, puis le reste du wagon. Tous sont passés dans le wagon d'à côté. Que pouvaient-ils faire d'autre ?, dit l'Avocate. Lui faire une remarque ? Essaye un peu pour voir. On sait comment ça commence, on ne sait jamais comment ça finit. De toute façon, c'est toujours toi qui auras tort. Moi je paye mon billet, eux non, dit le Collégien. Tu m'expliques pourquoi ? Volontiers, dit l'Avocate. Ça s'appelle le droit du plus fort. Ton prof te dira peut-être que ce n'est pas un vrai droit, à mon avis il se trompe : c’en est un tout à fait vrai, le principal même, peut-être. Ainsi, entre 40 et 44... J'en ai vraiment marre, dit l'Économiste, et quand je dis ça je le dis sérieusement. Encore une fois, tu veux faire quoi, dit l'Avocate : avoir ton nom dans le Journal ? L’entendre revenir en boucle dans l'Émission (avec un commentaire approprié de l'Activiste) ? Tu cherches quoi : que les flics, à l'impromptu, débarquent chez toi au petit matin ? Te prennent tes empreintes génétiques ? Non, laisse les choses se faire. Elles se feront très bien toutes seules. Le moment venu.

 

Extrait de : Ne vous approchez pas des fenêtres, Eric Werner, Xenia, 2008, pp.70-71

 

Eric Werner >> Philosophe et essayiste suisse, diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (le fameux « sciences po »), il participe en France à la revue Eléments. Dans L'Avant-guerre civile et sa suite (Slobodan Despot, écrivain et éditeur, le décrit même davantage comme son miroir), L'Après-démocratie, Eric Werner développe une thèse explosive fondant le développement de l'insécuri et la casse généralisée des repères (démographie, immigration-islamisation, désinformation, inversion des valeurs) non pas sur un manque de contrôle des politiques, mais au contraire sur une volonté. Le maintien d'un ordre, par le désordre. Individus isolés, privés d'attaches et de liens, perdus, livrés aux fauves, les braves citoyens n'ont qu'un seul recours : s'en remettre à leurs gouvernants. Ces mêmes dirigeants qui maintiennent une incurité permanente (au fond, quel intérêt auraient-ils à résoudre ce problème ?), et favorisent dans la société la guerre de tous contre tous. Werner s'appuie sur de solides férences philosophiques, politiques et historiques (allant chercher ses maîtres chez Machiavel, Clausewitz ou Aron) pour élargir son propos sur le rôle des Etats et des institutions internationales, et les guerres modernes. Une lecture essentielle pour qui nprouve pas plus de sympathie pour la caméra de vidéosurveillance installée par sa municipalité au coin de la rue, que pour le dealer qui squatte une entrée d'immeuble à l'autre angle.

 

Extrait de : Elements pour une contre-culture identitaire, Philippe Vardon-Raybaud, Idées, 2011, p.265

 

 Peur 


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bloc Identitare de Lyon
commenter cet article

commentaires