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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 22:01

Basilique d'AinayFace à la crise identitaire que nous vivons, face à l’éternelle repentance dans laquelle se sont enfermées nos sociétés occidentales, l’Eglise catholique française n’est pas exempte de reproches. Comme nos hommes politiques, elle peut plaider coupable. Michel de Saint Pierre, dans son ouvrage Eglises en ruine Eglise en péril, édité en 1973, pronostiquait avec lucidité les problèmes que rencontre l’Eglise d’aujourd’hui. Il dénonçait déjà « les progressistes qui règnent dans l’Eglise de France, avec leur presse vendue dans nos églises et politiquement engagée à gauche. » Il n’hésitait pas à dire que « l’Evangile nous dit que les mauvais arbres portent de mauvais fruits. Le mauvais fruit, c’est notre hémorragie sacerdotale et religieuse et le mauvais arbre » était selon lui ce néo-modernisme qui s’était introduit dans l’Eglise à tous les niveaux de sa hiérarchie. Dans ce livre témoin, il nous parle des jeunes novices qui quittaient les séminaires car « ils étaient dégoûtés de la confusion des valeurs et du relativisme, des ouvertures toujours plus grandes sur le monde, sur le siècle, qui correspondent au relâchement fatal de la doctrine et des mœurs. » Avec son relativisme doctrinal, son mépris du sacré et son point de vu égalitariste que toutes les religions se valent, l’Eglise de France n’a pas rempli son rôle et de ce fait notre approche des questions religieuses est devenue confuse. Nous justifions le pluralisme religieux comme nous le faisons avec la société multiculturelle. L’Eglise elle-même ne sait plus défendre ses valeurs et ses principes. En se voulant seulement universaliste, comme la nouvelle religion des « droits de l’homisme », elle en a oublié l’Europe qui l’a fait naître. Au nom de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, qui équivaut au mondialisme et au multiculturalisme, nombreux sont les prêtres et évêques à minimiser les différences fondamentales qui existent entre les diverses religions présentes sur notre territoire. Les français s’y perdent et ne font plus la différence entre Jésus-Christ, Bouddha, Moïse, Mahomet, Lao Tseu et autres prophètes ou maîtres à penser. Henri Montherlant, qui était non croyant mais infiniment respectueux du catholicisme, disait peu avant sa mort qu’il déplorait « l’hostilité d’un certain clergé à l’égard des objets de culte voir parfois des dogmes » et qu’il aurait été tenté « d’assister à une messe basse dite par un prêtre qui croit…mais, avec la réputation qu’ont aujourd’hui les prêtres et les églises, on redoute de tomber sur un farceur, dans une église dévastée. »

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Malgré ce comportement laxiste et minimaliste, dicté par l’amour du prochain et par les idées sociales héritées de mai 68, l’Eglise reste dans la ligne de mire des anticléricaux. Les « cathos » doivent continuer à faire profil bas. Cette réalité inquiétait déjà monseigneur Louis-Marie Billé, ancien archevêque de Lyon. Lors de son discours d’ouverture de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes, en novembre 2000, il dénonçait cet anticléricalisme de notre société. Selon lui la mentalité libérale et individuelle, ainsi que la libération des mœurs accompagnées d’une culture exclusivement scientifique et technique, éloignent jour après jour les jeunes générations du message chrétien tourné en dérision. L’anticléricalisme se transforme en antichristianisme. Le reniement de soi, enseigné depuis plusieurs décennies par nos élites et l’Education nationale, contribue à écarter les français de leur héritage religieux. L’identité culturelle et cultuelle des peuples européens est mise à terre et piétinée pour servir l’idéologie repentante de nos dirigeants. Nous pourrions presque les entendre dire : « Si l’Eglise veut subsister qu’elle vive cachée ! » Lorsque Jean-Paul II nous expliquait préférer la vie à l’avortement ou l’amour dans le mariage plutôt que les relations sexuelles avec des préservatifs, la majorité de nos médias s’empressèrent de donner la parole à des personnalités scandalisées par de tels propos. En comparaison, l’appel aux meurtres de nombreuses fatwas, aussi terribles soient-elles, nous indigne sans plus. Quelques semaines auparavant, le Dalaï-Lama avait tenu un discours semblable à celui du pape polonais. Les mêmes paroles, les mêmes idées n’avaient déclenché aucune réaction d’hostilité de nos veilleurs indignés !

Comme nous le dit le professeur Claude-Gilbert Dubois, que nous soyons croyants ou non, n’oublions pas que « le christianisme a œuvré, pendant deux millénaires, de manière incroyablement féconde pour la formation d’une culture, partie intégrante d’une civilisation ». A ce jour, nous devenons un peuple de citoyens-consommateurs qui a perdu tout sens à donner à sa vie. Réagissons, car la nature a horreur du vide. A la suite de Gérald Pichon, auteur de Sale blanc !, nous pouvons dire que « le premier travail à effectuer est donc sur soi, par une réappropriation identitaire de son histoire, de sa culture, de ses traditions et de sa terre. » C’est la première étape incontournable pour que la civilisation européenne perdure.

 

Vincent

 

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