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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:55

 Avant les grandes catastrophes européennes du XXe siècle, la masculinité était associée à la fonction guerrière, tandis que la féminité l'était à l'amour. C'est pourquoi, en Occident, Mars et Vénus ont toujours été les deux figures antagonistes et complémentaires du masculin et du féminin, sans en résumer pour autant toute la complexité.


LancelotDame.pngL'attraction conflictuelle et réciproque de Vénus et de Mars n'a jamais été célébrée avec plus de force et de raffinement que dans la fine amour médiévale, pleine de douceur et de fureur. L'amour courtois dévoile les conditions d'un amour total et d'une harmonie durable. Son imaginaire nous est accessible dans le français du XIIe siècle, langue de Perceval le Gallois et de Lancelot du Lac. On y lit que « le cœur d'un chevalier qui aime d'amour fine ne doit tendre qu'à un seul but, qui est de surpasser tous les autres ». Rien de moins obscur que ce programme dont Lancelot est le champion. Dans son roman éponyme, l'amour de la dame ne le détourne pas d'être lui-même. Au contraire, il le pousse à se surpasser dans l'ordre qui est le sien, celui des combats, de la quête et de l'honneur.


A l'occasion de la fête dangereuse et chevaleresque des tournois, se donnait à voir de la façon la plus éclatante le lien entre la guerre et l'amour. L’érotisme courtois trouvait matière à s'y épancher librement, à la vue de tous et au mépris de toutes les conventions. L'un des plus jolis récits courtois montre un chevalier pénétrant dans la joute vêtu de la seule chemise de la dame aimée. Suivent de terribles affrontements et de cruelles blessures. Après le combat, en récompense et en marque visible de son amour, la dame revêt la chemise ensanglantée de son héros, l'arborant comme le plus somptueux des trophées.


Par le chant des troubadours et des trouvères, par la plume de Chrestien de Troyes et de ses émules, après avoir traversé les premiers siècles chrétiens, l'esprit européen retrouve au XIIe siècle les secrets et les raffinements de l'amour que connaissaient Homère ou Ovide, au point même de les sublimer comme jamais. Masculin et féminin sont les deux mondes polarisés, qui s'y attirent invinciblement, s'affrontent et s'unissent dans une sorte de guerre préludant à l'extase. Prestige et prouesse y sont le propre du chevalier, archétype masculin. Offrande et séduction celui de la dame.


« La dame et le chevalier » dans Histoire et tradition des Européens de Dominique Venner (2002).


Lire aussi le beau texte de Rebeyne! : Des femmes européennes dans une Europe en flamme.

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