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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 17:36

 

    Le département de la Loire se situe au carrefour de trois régions : Bourgogne, Auvergne et Rhône-Alpes. Il est traversé par un long fleuve au cours sinueux qui lui a donné son nom. Il fut crée le 19 novembre 1793, suite à la révolte de la ville de Lyon contre la Convention qui entraîna la mort du jeune département de Rhône-Loire. Mais au-delà de ce découpage administratif, à quoi ressemble la Loire géographiquement ? A-t-elle gardé une cohésion avec l’histoire de son territoire ?

Ce département est formé d’un relief montagneux, constitué de plateaux et de monts boisés, qui entourent du nord au sud les plaines du Roannais et du Forez. Comme tous les départements, celui de la Loire est composé de plusieurs pays. Pour connaître la diversité de son patrimoine, il faut apprendre à connaître ce qui le compose et lui donne forme. De cette façon, la réalité géographique permet de donner un sens à l’histoire.

Commençons notre découverte par le Roannais qui, au nord du département, est tourné vers le Charolais, le Bourbonnais et le Beaujolais. Paysage de bocage, la plaine roannaise vient prendre appui à l’ouest contre les monts de la Madeleine, culminant à 1164 mètres d’altitude avec le Bois de l’Assise à la Pierre du Jour. Au milieu du département, se trouve la vaste plaine forézienne. Elle est séparée du Roannais par le seuil de Neulize, un plateau de basse altitude, partagé en deux par la Loire. Possédant de nombreux étangs, aménagés dès le Moyen Age, la plaine du Forez se singularise par un relief basaltique avec les pics de Saint-Romain-le-Puy, de Montverdun, la butte de Montbrison et le dyke du Mont d’Uzore (long de 7 km). Entre les monts de la Madeleine et les monts du Forez, vient s’intercaler le massif des Bois Noirs avec le Puy de Montoncel, culminant à 1292 mètres. Créant une véritable frontière naturelle avec l’Auvergne, les monts du Forez connaissent un climat rude où la neige y est fréquente en hiver. Nommés « Montagnes du Soir », les monts du Forez sont longs d’une soixantaine de kilomètre en partant du nord au sud. De tout temps, ils furent un difficile obstacle pour la circulation. Restés sauvages, ces monts culminent à 1634 mètres avec Pierre-sur-Haute, d’où nous possédons une vue panoramique sur l’Auvergne, le Forez, le Lyonnais et les Alpes. Au dessus de 1300 mètres, nous avons des landes à bruyère où se trouvent les célèbres « jasseries », lieux d’estive où jadis toutes les fourmes de Montbrison et d’Ambert y étaient fabriquées. De nombreux ruisseaux et rivières coulent tranquillement ou s’encaissent parfois dans de profondes gorges pour rejoindre finalement la Loire. Du Puy Jametton, dernier contrefort des monts du Forez, nous descendons, par le canton de Saint-Bonnet-le-Château, en direction du sud, pour rejoindre les plateaux du Velay. A l’est, les monts du Lyonnais, appelés « Montagnes du Matin », sépare la plaine du Forez du Lyonnais. Plus au sud, au centre du pays des Trois Vallées (Furan, Gier, Ondaine), se trouve Saint-Etienne, la ville aux sept collines, traversée du sud au nord par le Furan, petite rivière lui ayant donné son premier nom à l’époque gallo-romaine : Furiana. Point de liaison entre les formidables gorges de la Loire, la plaine du Forez, les vallées du Gier et de l’Ondaine, et le Pilat, ce coin de Loire appartient à l’ancien pays de Jarez. Tout au sud du département, longeant la vallée du Rhône, le massif du Pilat, imposant avec ses forêts de sapins, domine une partie du Dauphiné de ses trois pitons : le Crest de l’Oeillon, celui des Trois-Dents et le dernier, le plus élevé, le Crest de la Perdrix, haut de 1432 mètres. Pour protéger le patrimoine de ce massif, le Parc naturel régional du Pilat fut créé en 1976. Il couvre 65000 hectares.

 

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Toutes ces explications permettent de prendre conscience que les départements et les régions, parfois créés sans respect pour les terroirs anciens, enferment ou préservent une richesse culturelle et naturelle, garante de nos identités les plus profondes. Nous avons inventé le terme de Ligériens pour nommer les habitants de la Loire. Mais aujourd’hui, respectueux de leurs racines, nombreux de ces Ligériens continuent d’être avant tout des Roannais ou des Foréziens. Les révolutionnaires de 1789 ont dépecé les vieilles provinces historiques, pensant, à tort, qu’elles n’étaient que le reflet de l’Ancien Régime. La Loire s’est substitué au comté de Forez, duquel dépendait déjà, sous la seconde dynastie des comtes de Forez, le Roannais et le massif du Pilat. Cette vieille histoire, qui pourrait même nous ramener plus loin, avec les Ségusiaves, peuple gaulois, qui possédait le territoire couvrant les départements actuels du Rhône et de la Loire, nous enseigne que la majorité des Français sont profondément attachés à la terre de leurs ancêtres, celle qui vit à travers nos paysages et nos terroirs façonnés par la main des hommes, respectueux d’une tradition qui ne fait que nourrir nos âmes. Le géopoliticien Aymeric Chauprade, en nous parlant des théories du géographe Friedrich Ratzel, nous explique que « la situation géographique est une constante du sol qui traverse le mouvement de l’histoire. Situés en un certain lieu de la terre, peuples et Etats en reçoivent une certaine empreinte. » La France est riche d’une diversité dont elle doit se servir.

 

Vincent

 

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