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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 20:23

Armoiries_Forez.pngHonoré d’Urfé, seigneur Forézien du XVIème siècle, fut confronté aux guerres de religion qui déchirèrent la France pendant plus de trente ans. Il nous a laissé le premier roman moderne de l’histoire de notre littérature ; l’Astrée. Dans cet ouvrage, il nous parle de sa terre : « Auprès de l’ancienne ville de Lyon, du côté du soleil couchant, il y a un pays nommé Forez, qui en sa petitesse contient ce qui est de plus rare au reste des Gaules, car étant divisé en plaines et montagnes, les unes et les autres sont si fertiles et situées en un air si tempéré, que la terre y est capable de tout ce que peut désirer le laboureur. »

Comme tout Forézien attaché à son pays, Honoré d’Urfé nous en parle avec passion et respect. Aujourd’hui, ignoré ou méconnu, le Forez se trouve englobé dans la grande région Rhône-Alpes qui s’étend de l’Auvergne à la frontière italienne. Son nom vient de Forum Segusiavorum (l’actuel Feurs), l’antique cité gallo-romaine, capitale des Ségusiaves, peuple Gaulois ayant contrôlé les actuels départements de la Loire et du Rhône.

Cette vieille province de France a vu passer successivement l’autorité des Ségusiaves, des Romains, des Wisigoths, des Burgondes, des Francs, pour ensuite former à l’époque carolingienne un comté rattaché à celui du Lyonnais. Deux dynasties de comte se succédèrent. Sous la première, descendante des comtes de Gévaudan, Montbrison devint la capitale du Forez (XIème siècle). Sous la deuxième lignée, descendante des comtes d’Albon, futurs Dauphins du Dauphiné, le comté de Forez acquit pleinement son indépendance en 1173 après un long conflit ayant opposé le comte Guy II à l’archevêque de Lyon Héraclius de Montboissier. Sous l’autorité des comtes Guy IV (1196-1241) et Jean Ier (1275-1333), le Forez va connaître un formidable développement économique et une sérieuse réorganisation de son mode de gestion et de gouvernement. Pendant la guerre de Cent Ans, en 1362, la bataille de Brignais, qui opposa les Tard-Venus (Compagnie de Routiers) aux seigneurs fidèles du roi de France, précipita la fin de l’indépendance du comté de Forez. Le comte Louis II y fut tué alors que son jeune frère, Jean II, y perdit la raison suite à ses blessures. Après cette catastrophe, en 1373, le comté fut rattaché, par le mariage d’Anne-Dauphine, héritière de la province, aux terres du duc Louis II de Bourbon. En 1523, la disgrâce de Charles III de Bourbon poussa le dernier des grands féodaux à se révolter contre le roi François Ier aux côtés de l’empereur Charles-Quint. De ce choix, le duc de Bourbon perdit l’intégralité de ses domaines. Le Forez, comme le Bourbonnais, fut rattaché à la couronne de France. François Ier visita sa nouvelle province en 1536. A la Révolution, le Forez fut intégré dans un premier temps au département Rhône-et-Loire pour ensuite devenir, en 1793, le territoire central du département de la Loire avec comme chef-lieu la ville de Feurs. En 1795, Montbrison devint la nouvelle préfecture pour laisser sa place à Saint-Etienne le 12 septembre 1856.

Le Forez, divisé entre les monts et la plaine, est un pays de contraste, qui possède une grande diversité de paysages. Traversé par le long fleuve Loire, le Forez est le trait d’union entre la Bourgogne, le Lyonnais, l’Auvergne, le Velay, le Dauphiné et le Vivarais. Pendant de longs siècles, ce territoire s’est trouvé au carrefour des langues d’Oc, d’Oïl et du Franco-provençal. C’est un concentré entre le Nord et le Sud qui résume, d’une certaine façon, la fabuleuse histoire de la France. A la suite d’Honoré d’Urfé, nous pouvons conclure : « nous devons cela au pays de notre naissance et de notre demeure de le rendre le plus honoré et renommé qu’il nous est possible. »

 

Vincent

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